Les châteaux

Sept châteaux furent édifiés à Hermonville, dont plusieurs existent toujours.

Le château de Marzilly jadis relais de Templiers. Des traces d’un pont levis et d’un porche datant du XIIIème siècle subsistent encore. Menaçant ruines mais restauré par les nouveaux propriétaires, la famille Ullens de Schooten, il a retrouvé sa splendeur. Son titre de propriété a été dévolu à plusieurs propriétaires successifs. Jean-Nicolas Clicquot de Toussicourt le reçut en héritage mais le mit en vente, Jonathan Holden, un Anglais patron des tissages Holden, l’acheta. Le plus haut en couleurs fut le général Emile-Oscar Dubois (1842-1928) chef de la Maison militaire du président de la République Emile Loubet.

Le château de la rue Visin, entouré d’un parc de deux hectares, existe depuis le XIXème siècle. Louis Communal (1810-1851) industriel dans le tissage des draps, le fit construire dans le style baroque. Il eut deux fils, Paul (1836-1898) et Georges (1840-1913). Le cadet fit une brillante carrière dans la Marine, l’aîné gérait la ferme et élevait des chevaux. Président du Comice agricole, capitaine des pompiers et chef de fanfare, il a été maire pendant plus de vingt ans. Il embaucha Félix Roulet, un Suisse venu à pied pour chercher du travail, en tant que régisseur de son domaine. Félix épousa Eulalie, soeur d’Elise Lurette qui devint dame de compagnie de la famille Spencer et fut rescapée du naufrage du Titanic. Pendant la Grande Guerre, en 1915, l’école des Missions spéciales fonctionna dans ce château. En partie détruit, il put être restauré et en 1961, au décès de Marthe Communal, Jérôme Druart (1925-1995) négociant en matériaux en devint le propriétaire. Elu maire en 1965, il le resta pendant 24 ans. Ensuite, Monsieur Meunier en fit le domaine de Lattaignant, avant de le vendre à Emmanuelle et Julien Hugot qui proposent des chambres d’hôtes. Ils ont transformé une ancienne salle d’armes en caveau destiné notamment à des manifestations culturelles.
Le château d’Avesnes. La famille d’Avesnes est d’ancienne noblesse. Parti en croisade avec Saint Louis en 1270, Baudoin d’Avenes reçut en récompense de Philippe le Hardi la terre et le titre d’Avesnes seigneur d’Hermonville. Sous la Restauration, de 1816 à 1830 Charles d’Avesnes fut maire de la commune. Pendant la Grande Guerre, le château fut pillé, bombardé, détruit. En 1920, une descendante, Renée de Maigret, confia à l’architecte rémois François Maille, la construction d’un nouveau château, plus modeste. Pendant la seconde guerre mondiale, ce château devint le siège de la Kommandantur, et à la Libération, le quartier américain. Puis le château resta inhabité jusqu’en 1960, à l’arrivée des religieuses Visitandines. Selon la règle de leur Ordre, les Visitandines menaient une vie cloîtrée et contemplative. Elles cultivaient des fruits et légumes bio en utilisant un souterrain pour aller du monastère au jardin, à l’abri des regards. Elles quittèrent Hermonville et une grande partie du parc fut vendue en 1987 pour la réalisation du lotissement de la Visitation. Le château est le siège d’un EHPAD depuis le 21 avril 1987. Il est aujourd’hui géré par le groupe Bridge.

D’autres châteaux ont disparu

Le second château de Marzilly, plus récent que le premier, mais du même style. Emile Mazucchi, consul d’Italie, en était le propriétaire en 1914. Puis, Jonathan Holden lui succéda. Ayant subi les guerres et l’outrage du temps, en ruines, il n’en reste rien. Une maison imposante le remplace.
Le château de Toussicourt a été construit au XVIIIème siècle par la famille Clicquot. Jean-Baptiste Clicquot anobli par Louis XV en 1765, eut un fils, Jean- Nicolas qui fut maire d’Hermonville pendant la campagne de France de Napoléon en 1815. Puis, le château fut vendu à la famille Arnould, de riches drapiers rémois, et ensuite en 1855, au baron allemand Guillaume Krafft, installé en France depuis 1836. Associé de Louis Roederer depuis 1845, il épousa Emma Mumm. Leur fils Hugues était un grand voyageur, passionné de photographie, qui fit le tour du monde de 1881 à 1883. Le 3 février 1809, il créa la Société des Amis du Vieux Reims. En 1810, il acheta un hôtel particulier à Reims, au 1 rue du Marc, le futur hôtel Le Vergeur. A la fin de la Grande Guerre, le château de Toussicourt, bombardé, saccagé, était en piteux état. Hugues Krafft choisit d’utiliser les dommages de guerre pour rénover l’hôtel Le Vergeur et Toussicourt tomba en ruines. Il reste une très belle grille et les ruines d’un bassin. Les souvenirs de son prestigieux passé font de cet endroit un lieu émouvant pour qui aime l’Histoire.
Le château du bois de l’arbre, à Hervelon, près de la ferme Saint Joseph, construit en 1854 . Propriétaires successifs : Dubois de Fresnay, Arnould, Guéry, la famille du célèbre peintre, De Bary, Léon d’Anglemont de Tassigny. Tombé en ruines, il n’en subsiste rien.

Le château Saint Remi, du nom d’une ancienne abbaye bénédictine établie en ce lieu au Moyen Age, appartenait à la famille Renard-Gamahut. Achille Renard nommé président du TGI de Reims en 1875 habitait à Reims, mais les séjours à Hermonville étaient fréquents. Maurice, son fils, s’isolait dans le kiosque du parc pour lire Edgar Poe et Charles Dickens. Bachelier ès lettres en 1894, il effectue son service militaire dans la cavalerie de 1896 à 1899 et découvrit Wells et Villiers de l’Isle Adam. Il deviendra un grand écrivain, inventeur du genre « Merveilleux scientifique ». Il publiera notamment : le péril bleu, le docteur Lerne, le voyage immobile. Plusieurs de ses romans seront adaptés au cinéma et à la télévision.

Le château Saint Remi était un paradis pour Maurice, mais hélas, il fut pillé, puis dynamité par l’ennemi à la fin de la Grande Guerre.

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